La maladie d'Alzheimer est de plus en plus connue et répandue. Bien que de nombreux efforts soient investis dans la démystification de cette maladie, notamment par les sociétés Alzheimer du Québec, les intervenants du milieu ou même, les familles touchées, de nombreux préjugés perdurent. Voici ici une occasion de faire le point entre mythes et réalités.
Avec l'évolution de la maladie, il est impossible de maintenir une relation satisfaisante avec la personne atteinte.
MYTHE.Il est possible de maintenir une relation avec la personne atteinte malgré les changements que la maladie apporte lors de son évolution. Seulement, la relation évolue et se traduit autrement au fil du temps, la communication verbale traditionnelle se mutant lentement en communication non verbale à travers une caresse, un regard, une émotion, une ambiance. Le cœur ne fait pas d'Alzheimer.
Au fur et à mesure que la maladie évolue, la personne atteinte finit par ne plus nous reconnaître. C'est comme si son corps était là et que son esprit était absent.
MYTHE. Même si la personne atteinte ne se souvient plus du nom d'une personne, cela ne l'empêche pas de ressentir le lien émotif qui l'unit au proche aidant, par exemple. Seul son cerveau est malade, son âme est encore bien là, épargnée par la maladie.
La maladie d'Alzheimer n'est pas une maladie mentale, mais physique.
RÉALITÉ. L'organe touché par la maladie est le cerveau, dont le rétrécissement de certaines régions provoque la disparition graduelle de centaines de cellules. Il nous est possible de comparer la maladie d'Alzheimer avec d'autres maladies physiques dégénératives telles le Parkinson ou la sclérose en plaque.
La zoothérapie est un bienfait pour toutes les personnes qui ont la maladie d'Alzheimer.
MYTHE. Les techniques et approches ne conviennent pas nécessairement à toutes les personnes atteintes. Il est vrai que la zoothérapie est un excellent moyen de stimulation. Encore faut-il valider l'intérêt et le confort de la personne atteinte envers les animaux! N'oublions pas que chaque personne possède une personnalité différente de même que des champs d'intérêt distincts selon laquelle il nous revient d'adapter notre façon d'intervenir.
L'agressivité n'est habituellement pas un symptôme de la maladie d'Alzheimer.
Il est important de combler prioritairement le besoin de sécurité physique de la personne atteinte avant tout autre besoin.
À partir du moment où la personne reçoit le diagnostic de la maladie d'Alzheimer, on devrait enclencher le processus pour faire en sorte qu'on lui retire son permis de conduire.
Malgré la maladie d'Alzheimer, la personne atteinte conserve un certain potentiel. Il y a encore de l'espoir...
RÉALITÉ. L'agressivité, ou plutôt l'agitation, est une réaction motivée par différents facteurs parmi lesquels le manque de stimulation, la douleur, la volonté de communiquer, certains besoins non comblés, le sentiment d'isolement ou tout autre inconfort. Nous pouvons donc tenter de comprendre les agitations de l'individu en portant attention aux émotions qui se cachent derrière ces comportements.
MYTHE. Il va de soi que la sécurité physique est importante, mais non au détriment de la liberté et de la sécurité émotionnelle de la personne atteinte. Il est important de différencier nos propres peurs et appréhensions des besoins fondamentaux de la personne atteinte.
MYTHE. Considérant que la maladie évolue différemment chez chaque individu et qu'aucun d'entre eux ne possède les mêmes acquis, une évaluation individuelle s'impose. Une personne atteinte, en début de maladie, peut encore être en mesure de conduire pour un certain temps. Son entourage se doit cependant d'être à l'affût du moindre changement cognitif. Si un doute s'installe, il peut être adéquat de cesser de conduire ou de consulter un médecin pour une nouvelle évaluation.
RÉALITÉ. Il est préférable de mettre l'emphase sur les capacités restantes de la personne atteinte en la stimulant par des activités significatives ou en l'intégrant aux activités de la vie quotidienne. Il n'en reste qu'à nous de changer notre regard!
La maladie d'Alzheimer enlève à la personne atteinte toutes ses capacités. Cela veut dire qu'il faut prendre les décisions à sa place.
MYTHE. L'évolution de la maladie s'effectue graduellement et celle-ci ne touche que certaines capacités de la personne atteinte. Il est donc important d'inclure cette dernière dans les prises de décision et de lui laisser la place qui lui revient. C'est une question de droit avant tout, et ce, malgré les contraintes imposées par la maladie.
Les personnes atteintes font des fugues et se sauvent de l'endroit où elles habitent.
MYTHE. Dans la perception populaire, « fuguer » constitue une prise de décision rationnelle par un individu de quitter un endroit, peu importe les conséquences que cela engendre dans son environnement immédiat. Une personne atteinte, quant à elle, ne quitte pas un endroit par mauvaise intention. Son départ découle simplement de ses atteintes cognitives. Elle ne se souvient pas habiter dans un nouveau milieu de vie, ce qui la pousse à vouloir aller ailleurs. N'oublions pas que la personne atteinte peut avoir quitté l'endroit pour aller prendre une marche, par pure envie.
Une fois le diagnostic posé, le proche aidant devient le seul individu à pouvoir prendre en charge la personne atteinte.
MYTHE. Bien que les proches aidants aient souvent cette perception, de par le repère qu'ils sont devenus pour la personne atteinte, ils se doivent également de reconnaître leurs limites. Il est donc important, pour leur bien-être physique et mental, qu'ils reconnaissent ces limites et qu'ils prennent un temps pour eux afin d'être ensuite mieux disposés à accompagner la personne atteinte. Le proche aidant peut intégrer d'autres personnes dans la dispensation de soins à la personne atteinte tout en respectant le rythme d'adaptation de la personne atteinte. L'arrivée d'une autre ressource doit se faire en douceur, avec respect, ouverture d'esprit, tendresse et compassion.
Les troubles cognitifs sont des manifestations du vieillissement normal.
MYTHE. Le vieillissement normal se caractérise par le ralentissement des organes de tout le corps humain, dont le cerveau. Cependant, ces ralentissements affectent peu le quotidien contrairement aux troubles cognitifs qui ont immédiatement une grande influence sur les capacités des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Si des inquiétudes surgissent, il est important de ne pas hésiter à consulter un professionnel de la santé, car un diagnostic précoce permet de bénéficier d'une médication efficace et d'avoir une meilleure qualité de vie.
Les médicaments stabilisent et ralentissent la maladie d'Alzheimer, mais ne la guérissent pas.
RÉALITÉ. Présentement, il n'existe aucun médicament qui renverse la situation ni ne guérisse la maladie. Nous espérons qu'un jour la recherche saura ébranler cette réalité.
Seulement 5 à 10 % des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer possède une forme familiale de la maladie.
RÉALITÉ. Selon les recherches, 90 à 95% des cas diagnostiqués de maladie d'Alzheimer constituent une forme spontanée.
L'errance est une réaction à une émotion ou un inconfort, telle l'anxiété, le manque de stimulation, l'incompréhension, la désorientation, etc.
RÉALITÉ. La perte graduelle de ses capacités cognitives peut mener la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer à manifester les émotions mentionnées ci-dessus. Cependant, le mot « errance » n'est pas utilisé adéquatement dans ce contexte puisqu'il signifie « déambuler sans but ».




